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Populisme pas mort. Autour du Manifeste du roman populiste (1930) de Léon Lemonnier

Populisme pas mort. Autour du Manifeste du roman populiste (1930) de Léon Lemonnier

vol. 44,2 (Été 2013)
sous la direction de François Ouellet et Véronique Trottier
(UQAC)


Au tournant des années 1930, en cette période d’entre-deux-guerres où le pouvoir du peuple s’était accru politiquement et économiquement, la représentation littéraire des classes populaires, lorsqu’elle n’était pas empreinte de clichés, cadrait peu avec la réalité sociale du peuple. En réaction à la littérature bourgeoise, Léon Lemonnier publia, en 1930, le Manifeste du roman populiste, texte fondateur du mouvement populiste dont l’ambition, apolitique, était de « faire vrai », de peindre la vie du peuple et d’étudier attentivement la réalité.
Si le populisme connut une importance indéniable au cours des années 1930, il figure pourtant aujourd’hui au nombre des chapitres oubliés de l’histoire littéraire. L’acception « large » du terme populisme, tel qu’il a été défini dans le Manifeste, et la négation initiale du populisme comme école littéraire, ont dû nuire à la postérité du mouvement. Avec pour objectif de documenter le mouvement populiste, ses conditions d’écriture et ses présupposés esthétiques, ce volume d’Études littéraires vous propose un ensemble d’articles sur l’œuvre fort méconnue de romanciers dits populistes.
Parmi ces romanciers figurent les deux fondateurs du mouvement, André Thérive et Léon Lemonnier auxquels sont consacrés les deux premiers articles. Si les œuvres de Thérive – telles que Sans âmes et Le Chardon ardent – permettent d’interroger l’esthétique populiste, celles de Lemonnier soulèvent plutôt la question de l’écart entre le cadre formel du populisme qu’il a établi et son œuvre. Une autre étude interroge le rôle du roman Douze cent mille de Luc Durtain (1922) comme balise des préceptes du populisme, préceptes définis quelques années tard dans le Manifeste du roman populiste. Les cinq articles suivants questionnent, pour leur part, la filiation ambiguë avec le populisme d’œuvres d’André Baillon, de Marc Bernard, de Marcel Aymé, d’Henri Pollès et de Louis Guilloux. En guise de conclusion est abordé le prolongement du populisme avec la publication, en 1941, du roman Éducation barbare de Claire Goll. Cette nouvelle parution d’Études littéraires se veut, somme toute, représentative de la richesse littéraire du mouvement populiste et des défis analytiques qu’il soulève aujourd’hui.